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  De sa fenêtre / 2003


   1- Écoutez-moi
   2- Le mur
   3- Jamais
   4- Pigeon voyageur
   5- Au bout de ses doigts
   6- De sa fenêtre
   7- Victime
   8- Gueule de bois
   9- Mon histoire
  10- Y'a pas de soleil
  Parfum du nord / 1999
  

   1- Si j'avais des pieds
   2- Gueule de bois
   3- Désert de pierre
   4- L'enfant d'automne
   5- T'as choisi d'être un perdant
   6- Je patine sur la bottine
   7- Parfum du nord
   8- Un père envolé


De sa fenêtre je vois le fleuve  Les vergers qui habillent l'île d'Orléans  Un bout de ville, une maison veuve  De grands bateaux venus de l'océan  De sa fenêtre je vois l'amour  La foudre accompagnée par le tambour  Les couleurs d'automne, le blanc d'hiver  La belle saison fougueuse et passagère  De sa fenêtre je m'y vois je songe  Partager toute ma vie avec ma blonde  À cœur ouvert jazzer tout haut  Sous les étoiles lui réciter Rimbaud  J'entends des rires, je vois nos enfants  Dans la cour arrière pieds nus tête au vent  Un lance des sourires pendant qu'il nage  L'autre en plein chantier sur un bout de plage  J'entends sa voix,  je reviens sur terre  Le reflet de son visage embrasse le verre  J'invite son regard pour lui faire connaître  Ce que je contemplais de sa fenêtre   Son départ m'a surpris  Son silence total me détruit  J'ai la tête remplie de questions  Qui restent sans réponse  Tous mes amis  Cherchent à me protéger  C'est fini  Arrêtez de me répéter  Qu'une fille perdue c'est dix de gagnées  Ils me font voyager  Dans tous les bars de la grande ville  Avec l'espoir d'effacer ma douleur  Avec une autre fille  J'ai mal au cœur  De boisson et d'ennuie  Dernier service  Je parle à mon verre de whisky  Eux s'embrassent et dansent collés  Ouvrez une bonne bouteille  Faites-moi plaisir  Gardez tous vos conseils  Faites-moi sourire  Ne portez pas ma croix  Écoutez-moi  Encore un samedi soir  Où j'aurais dû rester chez moi  Plutôt que d'être avec une inconnue  Qui me voit dans son plat  Je n'y crois plus  Vous perdez votre temps  À vouloir  Me pousser dans un autre camp  Vous oubliez le plus important  Ouvrez une bonne bouteille  Faites-moi plaisir  Gardez tous vos conseils  Faites-moi sourire  Ne portez pas ma croix  Écoutez-moi  C'est l'hiver dans mon cœur  Sous la neige l'amour est glacé  Je sais qu'il n'y a que le printemps  Pour me faire oublier  En attendant  Je me fous d'avoir froid  Pour l'instant  Je ne veux pas d'encouragements  Simplement, écoutez-moi  Je frappe à sa porte  Le cœur en tambour  J'ai les mains folles  Les jambes molles  J'attends qu'elle ouvre  Pour lui faire la cour  Je lui apporte  Le grand amour  Elle porte au bout de ses doigts  La clé du bonheur  Elle porte au bout de ses doigts  La clé de mon cœur  Je frappe à sa porte  L'espérance m'emporte  J'ai dans la poche  Un voyage de noce  Déjà la nuit  Aucun signe de vie  Mes fleurs sont fanées  Demain  je reviendrai  Elle porte au bout de ses doigts  La clé du bonheur  Elle porte au bout de ses doigts  La clé de mon cœur  Je frappe à sa porte  Je frappe avec force  Jusqu'à ce que la pluie  De mes yeux fuit  Je fais les cent pas  C'est la dernière fois  La porte est usée  Mes jointures blessées  Hier encore j'y croyais  Déjà un pied dans le futur  Aujourd'hui je doute  De mon succès et de ma route  Aveuglé par trop de confiance  Ma vie prend une mauvaise tournure  Hier encore j'oubliais  Que rien n'est acquis dans ce monde  Aujourd'hui j'en bave  Les yeux rouges, mes pleurs inondent  Mes certitudes vagabondent  Et j'ai le moral dans la cave  Hier encore j'avançais  Comme le saumon remonte la rivière  Aujourd'hui je pense  Comme un soldat sans défense  Au drapeau blanc, faire marche arrière  Me laisser mourir en silence  Le mur pèse lourd sur mon chemin   Je fais un grand détour  Qui ne mène à rien  Tombé de haut, couvert de blessures  Je suis tombé de haut  Quand a surgi le mur  Hier encore j'me disais  Par la violence pas de solution  Aujourd'hui le pardon  N'a plus sa place dans mes prières  En moi la chaleur du démon  Je brûle de venger ma colère  Le mur pèse lourd sur mon chemin  Je fais un grand détour  Qui ne mène à rien  Tombé de haut, couvert de blessures  Je suis tombé de haut  Quand a surgi le mur  Hier encore sans espoir  Ma raison baignait dans le noir  Ce matin la lumière  C'est vrai que la nuit porte conseil  Gravir le mur jusqu'à voir le soleil  La mort sera mon unique barrière  J'entendais parler de guerre  Comme les histoires de mon grand-père  Ce n'était qu'une rumeur  Dans leurs yeux s'installait la peur  Sous mes pieds frissonnait  La terre sous un ciel sans soleil  Les habitants dormaient  Mais seulement sur une oreille  Un jour ils ont débarqué  Ces grands soldats aux yeux tranchants  Avec leurs chars d'acier  Ils ont chassé des innocents  Victime des bouches à feu  Le vent a mauvaise haleine  Victime d'oiseaux de chasse  L'eau du ciel a une saveur vilaine  Victime de la guerre  J'ai perdu ma terre  Envahi par la peur  Je n'ai pas défendu les honneurs  J'ai fui comme l'animal  Traqué par des braconniers  Quand j'ai repris mon courage  J'ai fait demi-tour avec raison  Arrivé au village  Le feu dansait dans les maisons  Un jour ils ont débarqué  Ces grands soldats aux yeux tranchants  Avec leurs bras d'acier  Ils ont fait couler le sang  Victime des bouches à feu  Le vent a mauvaise haleine  Victime d'oiseaux de chasse  L'eau du ciel a une saveur vilaine  Victime de la guerre  J'ai perdu mes frères  Je me suis battu pour garder  La liberté loin de la mire  J'ai tout perdu  Non! j'ai encore le goût de vivre  Amoureux d'une princesse  Qui m'avait fait la promesse  De m'aimer à jamais  Fidélité, aucun secret  Heureux dans l'eau comme un poisson  J'avais trouvé la femme de ma vie  Moi qui m'étais promis  De ne jamais mordre à l'hameçon  Il ne faut jamais dire jamais  Ne jamais jurer avec ce mot  De votre bouche il ne doit jamais  Jamais sortir  Il vous fera défaut  Son amour est tombé en panne  Au diable a vendu son âme  Pour m'éviter, repousser ma peine  Elle me disait je t'aime  Quatorze février, jamais voulu y croire  Je tombais de rêve en cauchemar  Ma femme et mon grand ami  S'abandonnaient dans mon lit  J'ai tout effacé pour la retenir  Pour que l'amour puisse refleurir  Moi qui m'étais juré  De ne jamais lui pardonner  Il ne faut jamais dire jamais  Ne jamais jurer avec ce mot  De votre bouche il ne doit jamais  Jamais sortir  Il vous fera défaut  Par la faute d'une femme j'ai vécu l'enfer  Mon cœur  a diablement souffert  Enflammé j'ai pensé mourir  Ne jamais m'en sortir  J'me couche au lever du soleil  Un pic-bois entre les deux oreilles  Il frappe si fort sur ma cervelle  Creusant des trous dans ma mémoire  Étendu sur mon lit j'ai chaud  Sensation d'être sur un bateau  Je dois garder un oeil ouvert  Sinon j'attrape le mal de mer  Encore une journée su'l'derrière  Pour deux heures de fun, quelques bières  Encore une journée su'l'derrière  À vouloir cacher ma timidité  J'ai fait un fou d'moi  J'ai la gueule de bois  Hier soir j'me croyais capitaine  Humoriste, danseuse égyptienne  J'ai même baissé mon pantalon  Une gageure, orgueil de garçon  Avec des histoires de pêcheurs  Une haleine repoussante  J'ai joué au ``smart´´ et au macho  J'me suis pris un coup dans les grelots  Encore une journée su'l'derrière  Pour deux heures de fun, quelques bières  Encore une journée su'l'derrière  À vouloir cacher ma timidité  J'ai fait un fou d'moi  J'ai la gueule de bois  J'me lève au coucher du soleil  Le pic-bois dans mon estomac  Journée à courir le sommeil  Pour maquiller ma gueule de bois  Je plaide facultés affaiblies  Pour le pardon de mes amis  J'promets comme à tous les dimanches  Couper la bière et les nuits blanches  Au creux d'un pigeonnier  Depuis plusieurs années  Un pigeon voyageur  Tremble de peur les jours de départ  Incapable de larguer les amarres  Sa phobie des hauteurs  Donne la chasse à son bonheur  Elle lui tire dans les ailes  Tue sa confiance, éteint sa chandelle  Dans sa tête y'a quelqu'un d'infidèle  Sortir de sa cage  Sortir de l'enfer  Caresser les nuages  Depuis longtemps qu'il en rêve  Ses yeux dévorent le bleu  Peuplé de moutons blancs  Le visage nuageux  Pigeon attend ses frères et sœurs  Pour voyager à travers eux  Sortir de sa cage  Sortir de l'enfer  Caresser les nuages  Depuis longtemps qu'il en rêve  Au chant du coq et tous les soirs  Le pigeon roucoule ses espoirs  D'être porteur, chasseur d'images  Visiter plusieurs villages  Enfin voler entre deux mers  Et faire le tour de la terre  Au creux d'un pigeonnier  Depuis plusieurs années  Un pigeon voyageur  Cloué au sol, noyé de peur  Il se bat pour être libre à nouveau  Tout a commencé  Par l'amour de mes parents  Pour ensuite goûter  L'amour de mes quinze ans  Je l'ai couvert de je t'aime  Autant que de haine  Depuis le travail est immense  Pour gagner ma confiance  J'suis tombé à l'eau  Quand des compagnons envieux  M'ont lancé des mots  Pour me noyer avec eux  J'les ai suivis jusqu'au fond  Avec ma raison  Depuis je reste dans les hauteurs  N'écoutant que mon cœur  Ça c'est mon histoire  Un grand livre qui s'ouvre  Chaque jour  Ça c'est mon histoire  Une page s'ajoute  Chaque soir  Tout a basculé  Quand un ange sans raison  Est venu chercher  Une âme de la maison  Je l'ai pleurée si longtemps  Fort comme un torrent  Depuis j'abuse, je m'abandonne  Que la vie me pardonne  Ça c'est mon histoire  Un grand livre qui s'ouvre  Chaque jour  Ça c'est mon histoire  Une page s'ajoute  Chaque soir  J'suis pas un héros  Juste un gars bien ordinaire  Qui veut les plus beaux  Les plus grands de ses rêves  J'les ai défendus  Autant que j'ai pu  Depuis mon enfance moi j'y crois  Je ne vie que pour ça  Ça c'est mon histoire  Un grand livre qui s'ouvre  Chaque jour  Ça c'est mon histoire  Une page s'ajoute  Chaque soir  Tout a commencé  Par l'amour de mes parents  Pour ensuite donner  L'amour à mes enfants  J'ai encore beaucoup à vivre  Avant de partir  À présent j'dévore chaque jour  De la vie qui m'entoure  Aujourd'hui le vent souffle du nord  J'accompagne les feuilles mortes  Une femme vient de claquer la porte  Si fort qu'la maison bouge encore  Je voulais lui dire à l'instant  Je t'aime, étouffe moi dans tes bras  Elle ne m'a pas laissé le temps  J'attends qu'elle revienne sur ses pas  Y'a pas d'soleil aujourd'hui  Dehors le vent, un ciel gris  Y'a pas d'soleil le temps pleure  Y'a pas d'soleil dans mon cœur  Un amour sali, mal en point  Par la poussière accumulée  Une femme orageuse, déchirée  Par mes silences, mes demi-mots  Endurci depuis mon enfance  Aussi dur qu'un bloc de ciment  Un homme ne pleure pas c'est comme ça  Un homme évite ses sentiments  Y'a pas d'soleil aujourd'hui  Dehors le vent, un ciel gris  Y'a pas d'soleil le temps pleure  Y'a pas d'soleil dans mon cœur  Je voudrais lui dire qu'il fait beau  Mettre en parole tous mes secrets  Je voudrais lui dire mes regrets  J'ai peur qu'elle s'envole comme l'oiseau  Le téléphone crie sans relâche  Je laisse rouler le répondeur  Une voix qui tremble, parle à mon cœur  Je la laisse partir comme un lâche
De sa fenêtre, c'est la vision toute personnelle d'un artiste vrai sur le quotidien, les gens, sur ce que l'on voit et sur ce que l'on ne voit pas. Il y a chez ce chanteur une qualité d'interprétation qui conquiert même les plus réticents. C'est sans doute la preuve qu'il a un style bien à lui.
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